Chehbouni : le film de Boulane projeté par le conseil national des droits de l’homme dénigre et insulte notre jeunesse

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فضاء الدعم المدرسي

Chers collègues et amis
Vendredi soir 1 février 2013, la commission régionale des droits de l’homme présidée par notre ami Ssi Mustapha Laarissa a présenté à l’ESAV un film sur « les années de plomb ».
Grande était ma surprise de voir que le conseil national des droits de l’homme- sensé contribuer à réparer les injustices commises par l’état marocain contre la jeunesse de notre pays dans les années 70 et 80 et lui rendre hommage- projeter un film qui dénigre et insulte notre jeunesse , comme si la répression n’a pas suffi. Ceci m’a poussé à prendre la parole juste après la projection du film pour protester contre cette compagne de haine et de dénigrement à l’encontre de notre passé et de notre mémoire surtout que je faisais personnellement partie de cette jeunesse et dont je suis très fier.
Ci-joint la lettre que j’ai envoyée à Ssi Mustapha et à Mme Senhadji, membre du conseil national qui avait présenté le film.
Notre ami Si Mustapha a bien voulu répondre à ma lettre (email ci-dessous)
Avec tout le respect que j’ai pour Ssi Mustapha, je ne comprends pas pour quelles raisons le conseil des droits de l’homme a projeté ce film de haine et d’injure contre notre mémoire !!
J’ai eu l’occasion d’ assister aux séances d’écoutes organisées par l’instance de réconciliation présidée par feu Benzekri. Seules les victimes étaient invités pour témoigner et jamais au grand jamais un bourreau n’a été invité pour insulter les victimes de la répression au nom de » la liberté d’expression » .

Cordialement
Ahmed Chehbouni

Bonjour Si Mustapha, bonjour Mme Senhadji
Suite à la cérémonie d’hier, je tiens à vous préciser ce sui suit :
– Mon intervention s’inscrit dans le strict droit de mémoire que nous doit les milliers de militants de la gauche radicale marocaine qui ont payé de leurs libertés voir de leurs vies les avancées qu’a connu le Maroc en matière de respect des droits de l’homme. Ceci étant bien précisé, je ne conteste absolument pas le droit de M. Boulane à dénigrer la jeunesse de cette « extrême gauche » dans son oeuvre « artistique ». De toute façon il n’est pas le premier à le faire, et son « oeuvre » s’inscrit, de façon consciente ou inconsciente, dans une opération de règlement de compte avec une jeunesse qui avait ébranlé la suprématie du traditionalisme et de la pensée rétrograde. Que M. Boulane présente son film dans une salle de cinéma ou dans tout autre cadre, comme oeuvre artistique, c’est son droit, Mais que le conseil national des droits de l’homme, instance chargée de continuer l’oeuvre de l’instance de l’équité et de la réconciliation présidée par feu Benzekri, à savoir rétablir la vérité, respecter notre mémoire collective et tout faire pour que les exactions du passée ne se répètent plus, que ce conseil prend en charge la diffusion auprès de populations et surtout les jeunes qui n’ont pas connu la période objet des évènements du film et sur tout le territoire national, une oeuvre qui présente une version erronée et déformée de l’Histoire qui nous appartient tous et dont nous étions les acteurs, cela relève de l’insulte de cette mémoire.
– Le film projeté dans le cadre du CNDH, présente notre Jeunesse révolutionnaire comme un groupe de drogués, de voleurs marginaux, sans aucune formation ni qualification, ni valeurs (les militantes sont des dépravées) et leur réserve une fin misérable et marginale (un fou, un intégriste et un minable qui se suicide !!!) si c’est ça notre mémoire je préfère la supprimer et oublier « ce triste passé malheureux «
– Comme vous le savez, même l’ancien chef de l’Etat avait plus de respect pour cette génération malgré l’affrontement et la mobilisation de tout l’appareil de l’Etat pour la domestiquer (des prisons, des procès fallacieux,…). Ce respect des valeurs que portaient et que portent encore cette génération s’est manifesté de manière plus claire par notre roi Mohamed VI qui a montré un grand respect pour cette génération en témoigne le fait que quand il a voulu tourner la page du passé, il s’est adressé à des militants symboles de cette génération tels que Herzanni, Benzekri, Boudrar et tant d’autres,
parce qu’il connait bien la valeur de ces gens qui ont animé notre jeunesse et qui se sont sacrifiés pour que leur pays jouisse de la démocratie !! Regardez autour de vous qui anime présentement en grande partie la société civile marocaine ! ce sont ces militants formés dans la mouvance de la jeunesse des années 70 et 80.
– C’est pour la première fois que je me suis emporté par une agression à notre passé, chose non justifiable et en tout cas je devais garder mon calme (toutes mes excuses).
– A mon sens, notre pays a connu trois générations de jeunes qui ont changé le cours de son histoire :
La première génération est celle des jeunes de l’indépendance (Ballafrij, bouabid, ben Barka , Lyazidi et autres..) qui se sont soulevés pour mettre fin au colonialisme et ont réussi à mobilisé tout le peuple arocain, pour cette noble cause, mobilisation couronnée par l’indépendance politique du Maroc du oug du colonialisme.
La deuxième génération de jeunes est celle de « l’extrême gauche » des années 70 qui s’est soulevée contre le despotisme. L’action de cette jennesse, surtout dans le milieu estudiantin a permis au Maroc, quelques années après, de disposer d’une élite politique, économique, syndicale et sociale pétrie dans des valeurs autres que ce que le pouvoir souhaitait répandre. Et malgré que cette deuxième génération n’avait pas réussi à marquer une victoire nette pour la cause de la démocratie et de la justice sociale en raison des frappes douloureuses dont elle avait fait l’objet et de son isolation du peuple marocain lastratégie de lutte démocratique s’est renforcée par l’élan et les défis lancées par cette génération.
D’autant plus que cette jeunesse courageuse a eu la sympathie de tous les démocrates de par le Monde (suite aux jugements expéditifs et aux grèves de faim dans les prisons) ce qui a contribué à l’isolation des forces rétrogrades qui ont été acculées en partie à faire marche arrière et à libérer les prisonniers politiques et à concéder des libertés de presse etc…
La troisième génération de jeunes est celle de 20 février qui s’est soulevée contre « ALFASSADE » et c’est grâce à elle que nous jouissons aujourd’hui d’une constitution très avancée en droits. A l’instar des pays du « printemps arabes », notre jeunesse n’était pas assez organisée et structurée pour bénéficier de ces changements démocratiques dont elle était le principal acteur et ce sont les forces qui étaient bien implantées qui ont récolté le fruit des sacrifices de notre jeunesse arabe et Amazighe.
En résumé, l’histoire contemporaine de notre pays nous apprend qu’entre ces trois générations, constante se confirme: c’est qu’ à chaque reprise les jeunes sont les portes drapeaux d’un combat et c’est toujours les forces sociales et politiques organisées qui en récoltent les résultats, dans la première fois c’étaient les féodaux, dans la seconde c’étaient les parties politiques nationaux qui ont opté pour la stratégie démocratique et dans la troisième et dernière ce sont les adeptes de l’islam politique.
Ce sont là quelques réflexions à chaud non ordonnées à propos de l’événement d’hier.
Amicalement
Ahmed Chehbouni

Objet : RE: film de Boulane

très cher ami,SSi Chahbouni
Il est de votre droit de réagir à une certaine manière de garder”la mémoire” d’une épisode de notre passé récent. Seulement sachez que nous sommes toujours à la phase de “mémoires” et non pas encore de l’Histoire. Personne n’a le monopole de la mémoire, j’ai essayé de vous répondre hier même suite à votre réaction , comme j’ai la responsabilité directe de l’organisation de cette soirée-mémoire, mais vous êtes partis sans entendre nos réponses. ce que vous proposez mérite débat public en tout sans froid et sans emportement, avec présence d’historiens et critiques de cinéma pour être dans une justesse approximative des choses. Je suis prêt à ce débat, pourquoi pas , surtout que la vérité est en jeu, voire la mémoire collective que nulle fiction ni discours ne saurait réduire à une lecture univoque, je ne vous apprends rien sur ce plan,
je vous prie aussi de rendre publique, auprès de nos collègues et amis au crdt, comme au-delà.
avec mes cordiales salutations et sentiments de respect.
Mustapha Laarissa,Président de la CRDH et membre du crdt.

الأثنين 4 فبراير 2013 23:13 فضاء الدعم المدرسي
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