« Femmes et religions : points de vue de femmes du Maroc »

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brochure femme et religions modifierHakima Lebbar

Bien que le projet d’égalité entre hommes et femmes soit inscrit dans la constitution, de grandes résistances perdurent et semblent être rattachées au religieux. Car dans la société marocaine patriarcale et pétrie de culture musulmane, les us, coutumes, et même les lois, ont été influencés par des traditions liées à des interprétations sexistes de l’islam. Cependant, nombreuses et fortes, sont les voix des femmes et hommes déterminé-e-s à faire avancer cette question. Ils et elles considèrent que ce qui est en cause n’est pas tant la religion que sa « recontextualisation » et ils et elles s’autorisent à revisiter le texte religieux. Toutefois, la discrimination de la femme n’est pas le propre de la culture musulmane et les cultures chrétienne et juive ont aussi réservé un traitement inégal aux femmes autant concernant leurs droits civiques (mariage, héritage, vote…) que leurs droits d’accès au savoir et aux ordres religieux. Et ce n’est que ces dernières années qu’on a vu des femmes s’octroyer le droit de relecture et d’interprétation des textes religieux. Cette démarche s’est d’ailleurs engagée dans les trois monothéismes et quelques femmes ont pu enfin devenir prêtre, rabbin ou imam.

Ce projet concerne
une exposition d’art et un débat dans plusieurs villes
la réalisation d’un livre qui réunit les travaux écrits et travaux plastiques de plus de soixante femmes du Maroc, de différentes cultures religieuses (essentiellement juives, chrétiennes et musulmanes).
Les auteures et artistes ont été invitées à réaliser des textes et travaux concernant :
– la cohabitation des religions dans la cité
– et la discrimination de la femme dans les différentes religions.
A travers ce projet, nous souhaitons encourager la réflexion personnelle pour dénoncer les différentes formes de discrimination, de sexisme, de rejet, d’exclusion, de xénophobie et de racisme liées aux religions. Avec ce projet, il s’agit de faire appel à la sensibilité et à l’intelligence des citoyennes et citoyens pour penser à des « signifiés » qui peuvent être ancrés inconsciemment en eux et sur lesquels ils et elles n’ont pas forcément réfléchi.
Avec ce projet, nous souhaitons également promouvoir l’égalité des sexes car malgré l’inscription de l’égalité femme/homme dans la constitution marocaine, de grandes résistances liées au religieux, continuent d’exister. Il s’agit de les interroger et de consulter les femmes à ce propos.

Pourquoi les femmes ?
Les religions n’ont pas échappé aux cultures dans lesquelles elles sont nées où le patriarcat devenait le modèle de fonctionnement des sociétés et c’est pour cela, qu’à travers l’histoire, ce sont en majorité (si ce n’est exclusivement) les hommes qui ont eu à gérer la question religieuse dans l’espace public. Etant donnée l’évolution qu’ont connue les sociétés et la place de plus en plus importante de la femme dans tous les domaines d’activité, de la pensée et de la recherche, ce projet voudrait donner la parole, uniquement aux femmes sur la question de la vie religieuse dans les villes afin d’entendre leurs avis.

Pourquoi la culture ?
Il n’est point de développement qui ne passe par la culture et l’accès et la participation au fait culturel contribue à la construction du bien-être social.

Pourquoi l’art ?
L’art fait appel à la sensibilité et à la créativité. L’art a cette faculté d’impliquer et de rendre acteur le « consommateur » car il l’invite à un avis sensible et réfléchi. Une production artistique pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses et chacun peut se projeter, s’approprier et continuer à penser cette œuvre qui l’a interpellée.

Pourquoi les arts visuels ?
L’image est plus forte que les autres moyens d’expression du fait d’abord de l’immédiateté de sa réception,
En faisant appel au regard, à la sensibilité et à l’intelligence, les arts plastiques contournent les contraintes liées aux langues, à leur écriture et à leurs traductions. C’est pourquoi ils sont accessibles à la majeure partie des populations quel que soit leur niveau d’alphabétisation et quel que soit leur culture.

Expositions et débats réalisés
Débat dans le cadre du salon de l’édition et du livre à Casablanca le 18 février 2014 (stand du CCME) avec Melanie Frerichs-Cigli (de culture chrétienne), Sarah Adida (de culture juive), Fedwa Misk (de culture musulmane), Modératrice : Kenza Sefrioui
Exposition à Marrakech du 21 février au 3 mars 2014 à la galerie Bab Doukkala (galerie du ministère de la culture) dans le cadre de la biennale de Marrakech.
Exposition à Rabat à la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc du 5 au 30 mars 2014.
Scène de théâtre de Naima Zitan et spectacle de rire de Mostapha Daoudi le 5 mars 2014 à la BNRM
Le 6 mars 2014, débat à la BNRM modéré par Damia Benkhouya avec des femmes de différents domaines de compétences, religions, partis politiques et associations de la société civile avec Perla Cohen (Sociologue), Michèle Zirari (juriste), Asma Lamrabet (chercheure, égalité des sexes en islam)), Merieme Yafout (chercheure, femmes et mouvements islamistes), Anne Balenghien (universitaire, sciences humaines), Saloua Zerktouni (enseignante à Beni Mellal), Khadija Ryadi (AMDH Association Marocaine des Droits Humains), Laila Amili (Association Jossour, forum des femmes), Naima Farrah (députée RNI), Jamila El Mossali (députée PJD) et Hakima Lebbar (auteure de ce projet).
Expositions à Essaouira
. 24 avril au 3 mai 2014 à l’hôtel Médina dans le cadre du Printemps des Alizés
et celui de la rencontre Women’s tribune
. du 4 au 20 mai 2014 à Dar Souiri.
Exposition et sortie du livre à la galerie Bab El Kbir à Rabat le 2 décembre 2014
Débat Qu’en est-il des questions d’égalité et de parité ? dans le cadre du salon de l’édition et livre à Casablanca le 17 février 2015 (stand du CCME) le mardi 17 février, avec Michèle Zirari : Religion et droit au Maroc, Sabah Chraibi : La femme musulmane dans la sphère économique, Soumaya Naamane Guessous : L’égalité dans l’héritage, Hakima Lebbar : présentation du livre. Le débat a été animé par Fedwa Misk
Débat à Oujda dans le cadre de l’université citoyenne de HEM 19 février 2015
Religion, démocratie, où sont les femmes ? avec Ghaleb Bencheikh et Hakima Lebbar. Le débat a été modéré par Nouma Bouyahya, directrice de HEM Oujda.
Débat à Marrakech le 27 février 2015 à Dar Bellarj pour un Diwan avec Hakima Lebbar dans le cadre du projet Féminin pluriel.
Exposition à la galerie Fan-Dok à Rabat du 17 mars au 11 avril avec une installation vidéo de Zayneb Nasri

Le livre regroupe les travaux de :
Les auteures : Aicha Belarbi, Asma Lamrabet, Lamia Berrada Berca, Saloua Zerktouni,   Salima El Mandjra, Ruth Grosrichard, Hind Aroub, Leila Bouasria, Elena Jimenez Moreno, Hafsa Bekri-Lamrani, Khadija Arouhal, Khadija Ikan, Meryam Demnati, Houda Merimi, Fouzia Farid, Nouria Rabeh, Houria Rabeh, Rachida M’Faddel, Anne Balenghien, Izza Genini, Shams Sahbani, Rim Battal, Giselle Nesmon, Siham Benchekroun, Fanny Mergui, Kenza Sefrioui, Maha Sano, Sanaa El Aji, Naima Benwakrim, Nezha El Ouafi, Latifa Abousaid, Anne marie Teeuwissen, Salima Benmoumen, Merieme Yafout, Melanie Frerichs-Cigli, Jamila El Mossali, Nima Zahara, Zakia Iraqui, Khadija Rouissi, Michèle Zirari, Sabah Chraibi, Sara Borillo et Michela Pandolfi.

Les artistes : Drissia Aouididden, Cherifa Rabeh, Ahlam Lemseffer, Lamia Skiredj, Malakout Sabry, Asma El Ouriachi, Rahima Aaroud, Florence Arnold, Malika Agueznay, Houda Terjuman, Yacout Kabbaj, Leila Ghandi, Nawal, Elena Prentice, Myriam El Haik, Yasmina Ziyat, Khadija Tnana, Catherine Bendayan, Christina Torres, Fadila El Gadi et Zineb Benjelloun

Hakima Lebbar, psychanalyste et commissaire d’exposition.

السبت 28 مارس 2015 01:19
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