L’Economiste – Voies ferrées, trams, cimetières… : la nouvelle «ruée» vers le cuivre

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Les câbles des réseaux ferrés particulièrement visés par les pillards
A l’ONCF, 20 millions de dh de dégâts par an
Les lignes électriques du tram de rabat également vandalisées
Le vol de câbles électriques desservant le réseau du tramway de Rabat, samedi dernier, a gelé le trafic pendant au moins quatre heures
Décorations, signalisation, attaches de rails, fils électriques … Tout ce qui est en cuivre est «bon à voler» pour les bandes de voyous qui écument dans les grandes villes. Surtout en ce moment où les cours du métal rouge sont au plus haut. Il y a quinze jours, un train assurant la liaison Oujda-Fès a déraillé à l’entrée de la gare de Fès. La raison: des actes de pillage visant plusieurs attaches servant à la consolidation des rails, provoquant le déraillement de la locomotive. On aurait pu croire qu’il s’agissait d’un événement isolé, mais il semble clairement que c’est un phénomène qui s’installe.²
«Nous sommes régulièrement confrontés à ces situations, les actes de pillage nous coûtent 20 millions de DH annuellement», explique Abdelghani Abdelmouman, directeur Commercial et Voyageurs à l’ONCF. L’impact peut parfois être dramatique, comme ce fut le cas durant le déraillement du train Fès-Oujda. «S’il n’y a heureusement pas eu de pertes humaines, nous avons quand même eu quelques blessés et le transport des voyageurs a été largement perturbé dans une période estivale et de fête», ajoute Abdelmouman. Le réseau de câblage de haute tension du tramway de Rabat-Salé n’a pas été épargné. Samedi dernier, le vol de câbles électriques a provoqué une interruption de service d’environ quatre heures. Autre cas étonnant, celui du pillage d’une dizaine de tombeaux chrétiens au cimetière européen de Rabat. Résultat: deux statuettes et trois pierres tombales ont été endommagées.
Pour les entreprises dont l’infrastructure est particulièrement visée par les chiffonniers, il faut redoubler d’ingéniosité pour limiter les dégâts. Ainsi, certains n’hésitent pas à investir dans des clôtures ou dans des équipes de surveillance pour protéger leurs équipements. L’ONCF a opté pour des solutions radicales en remplaçant une grande partie de son patrimoine en cuivre par d’autres matériaux moins tentant pour les pilleurs ou en procédant à l’enfouissement de ses câbles de communication.²² 
Quitte à surprendre, la loi reste assez sévère concernant ce genre d’infractions. Pour ce qui est de la dégradation de biens publics, le code pénal a prévu toute une section (VIII) à ce genres de crimes et délits. Ce qui s’est passé à Fès ou à Rabat est sanctionné par l’article 594 du code pénal. Il s’agit d’un crime de pillage de biens mobiliers en bande organisée et la peine prévue est la réclusion de 10 à 20 ans. Dans le cas du cimetière de Rabat, la profanation de sépultures est sanctionnée (article 268) par une peine allant de 6 mois à 2 ans d’emprisonnement et d’une amende. «Les peines sont très lourdes mais encore faut-il les appliquer avec fermeté car il s’agit de la sécurité publique et l’Etat se doit de donner des exemples à tous les futurs délinquants», souligne Rachid Diouri, avocat au barreau de Casablanca.²
 50DH le kilo de cuivre 
Les cours du cuivre ont flambé. Ceux-ci ont atteint 6.215 euros la tonne durant ce mois d’août 2012, soit plus de 66 DH le kg. «Les pilleurs en profitent pour vendre leur récolte en déchets de cuivre à environ 50 DH le kg», explique un membre de la Fédération des industries métallurgiques. Ces matières sont vendues comme de la ferraille à des entreprises exportatrices. En effet, le principal de ces exportations est destiné à des marchés asiatiques comme la Chine et l’Inde. Selon la Fédération de l’industrie métallurgique, le Maroc exporterait près de 33.000 tonnes de débris en cuivre par an, soit l’équivalent de 2,2 milliards de DH. Pourtant, le Maroc a bien besoin de ces débris pour combler un tant soit peu son déficit commercial.²
«Nous importons l’équivalent de 45.000 tonnes de marchandises à base de cuivre travaillé en fils machine, alors que nous pouvons travailler nous même ces débris et en faire les produits dont nous avons besoin», explique un industriel. Certains professionnels en sont même à demander des restrictions à l’exportation de ce genre de produits, ce qui n’est pas tout à fait en faveur de la dynamique du libre-échange dans laquelle le Maroc est inscrit.
Ayoub NAÏM

الأحد 2 سبتمبر 2012 01:07
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